PROPOS SUR LA SYRIE ET SUR LA FRANCE

Dans la voiture qui nous ramenait hier (vendredi 14 juillet 2017) de Lorlanges et au hasard de la conversation engagée avec mes compagnons de route, qui commentaient les propos tenus lors de notre banquet annuel, un vieux souvenir de lecture est revenu à ma mémoire. J’ai hésité à en faire part sur le moment, sachant combien est diverse l’opinion professée par cet échantillon de la société que nous constituions le temps d’un trajet.
Le soir, survolant les nouvelles qui parvenaient du Proche-Orient via la Toile, ce souvenir de lecture, que je crois devoir à Ernest Psichari, en fut ravivé. Je cite de mémoire :
Lorsqu’une nation cesse de se penser en nation, elle cesse effectivement d’exister comme une nation. Lorsqu’un peuple cesse de croire à sa force, il cesse d’être 

un peuple fort.

La nation comme la force est peut-être une illusion, pourrait-on me dire. Mais quelle importance ? C’est cette illusion qui fait accomplir les exploits et les belles actions. Si cette illusion disparaît, c’en est fini de cette nation et du peuple qui la compose, qui aura perdu toute estime de lui-même. Voilà pourquoi, me semble-t-il, qu’il faut entretenir cette illusion comme une partie des plus précieuses dont les êtres sont constitués. A défaut, ils ne sont plus que des eunuques, stériles et voués à disparaître.

J’admire la Syrie de Bachar Al-Assad et les Syriens restés dans leur pays pour lutter à ses côtés. C’est parce qu’ils se pensent en nation qu’ils tirent de cette pensée la force qui leur a permis de résister à la cruelle guerre qui leur a été injustement livrée, d’en inverser le cours et bientôt, espérons-le, d’en triompher.
A ces héros syriens opposons les Français qui ont cessé de se penser en nation et qui ne se conçoivent plus que fondus dans un magma informe dénommé Union européenne. Espace ouvert à tous les vents mauvais et où le titre de gloire est décerné à celui qui se déclare le plus honteux de l’histoire de son pays et de sa gloire passée. Un espace peuplé en fin de compte d’eunuques portant haut la marque de leur avilissement.
En France, l’accueil réservé au président Donald Trump en a fourni un signe supplémentaire.

Que vive donc la Syrie, nation forte et consciente de sa force !

 

Ahmed Ghlamallah

Délégué départemental de l’UPR pour L’Allier.