La propagande comme gestion de la perception.

Voici deux cas très intéressants qui montrent comment peut être présenté un événement afin que le spectateur en déduise ce que l’on souhaite qu’il comprenne, et ceci au détriment de ce qu’il ne doit surtout pas retenir.

L’inquiétante musique du JT de France 2 :

On a eu droit par exemple hier soir sur le JT de France2 à 6 minutes de direct avec le candidat Asselineau, à l’intérieur duquel a été diffusé un reportage qui  montrait des citations des conférences de François Asselineau.
Vous remarquez instantanément une musique psychédélique façon « secte moon ». Pour bien faire comprendre sans le dire que les propos tenus par l’intéressé ne peuvent pas être rationnels?
Où comment orienter subrepticement les masses pour influencer leur jugement; on parle ici du JT de 20h sur la chaine publique, rien de moins…
L’extrait du JT hier soir :
(citations en question vers 3mn)
D’où cette question légitime : que peut signifier un tel besoin de vouloir à tout prix discréditer ce candidat, au prix même de méthodes sournoises si nécessaires ? Il est vrai que la plupart des autres candidats ne sont pas épargnés par les commentaires, mais dans la mesure où ce sont des affaires qui relèvent de la compétence de la justice, c’est assez normal. Mais comme il se trouve que la candidat Asselineau n’a pas de casseroles derrière lui, je n’ai donc pu trouver quant à moi que ces 2 réponses rationnelles :
  1. Ces déclarations sont justes et vérifiables, c’est bien là le problème, mais il ne faut surtout pas que ça soit dit trop fort pour ne pas réveiller les français qui dorment.
  2. Ce n’est pas tant les conférences d’Asselineau qui sont importantes, il faut à tout prix empêcher tout débat serein sur la sortie de l’UE en discréditant le seul candidat qui l’ incarne réellement.
Difficile de voir d’autres réponses logiques: si les arguments relevaient d’une escroquerie et d’un bonhomme farfelu, la meilleure manière de le faire sortir du jeu une fois pour toutes serait d’apporter des éléments de contradiction pour démontrer toute la supercherie (dossiers , articles, déclarations etc)

Un 2ème cas édifiant : Le Monde et l’équité inversée.

Comme dans l’autre, on en restera aux éléments factuels : un article du Monde d’aujourd’hui intitulé : « Présidentielle : sept des candidats ont défendu leur vision de l’agriculture à Brest »
A ce stade, on peut en déduire que l’article va nous faire un compte rendu candidat par candidat en présentant les choses marquantes devant un auditoire plus ou moins attentif. Et s’il y a des candidats qui n’ont rien à dire, on pourrait comprendre que la tâche puisse être difficile pour un journaliste.
Voici l’ intervention de FA à la FNSEA:
et voici l’article du Monde
Chacun pourra apprécier si le discours du candidat Asselineau a été représenté fidèlement à travers la seule citation que le Monde a repris, et qui figure par ailleurs en bas de page d’un article qui parle les 2 tiers du temps des candidats Macron et Fillon (avec même une photo pour ce dernier).
Au vu de l’article, il n’est pas difficile de s’apercevoir que l’égalité entre candidats n’est pas respectée; mais d’ailleurs l’équité non plus, puisqu’on ne peut pas plus dire, au vu du nombre de visionnages, que le candidat dont on parle le moins (2 lignes et demi) est aussi celui qui est le moins vu.
C’est plutôt même tout l’inverse:
C’est donc ce même journal, le Monde, société privée dont il est permis de douter de l’impartialité, qui prétendrait s’arroger lui même le droit de jugement sur les sites d’information qu’il jugerait fréquentables ou non.
Un retour à l’inquisition en somme.
Ce qui est encore plus préoccupant:
Pour conclure, c’est une évidence que tout et n’importe quoi peut circuler sur internet, mais là n’est pas le sujet ; la véritable question est plutôt celle de la censure dans un pays prétendument “de libertés”. Le décodex ne serait-il pas un signe avant coureur de la « Pravda soviétique » ? Est-il permis de se poser la question lorsqu’on voit que la France est classée 45ème pays sur 180 en matière de liberté de la presse par Reporters Sans Frontières et en régression d’une année sur l’autre ?

Conclusion :

Ici, nous n’avons étudié que deux exemples, ils sont légion.
Le journalisme s’éloigne un peu trop des faits pour s’intéresser de plus en plus à la prêche, ce qui n’est pas son rôle. Doit-on comprendre que les médias sont désormais là pour nous expliquer ce que l’on doit penser et ressentir, ou devons-nous garder quelques espoirs quant-à leur capacité à se redresser et refuser la gestion de la perception : propagande moderne importée des États-unis.
Le rôle des journalistes est avant toute chose de nous apporter des informations factuelles, non de tordre ces dernières, des les manipuler, les dissimuler ou les mettre en exergue. Le métier de journaliste doit décidément lutter sans cesse pour ne pas devenir celui de propagandiste. Aujourd’hui la presse Française est devant un choix, et son honneur est en jeu.

Équipe de rédaction de l’UPR Auvergne