PAPILLONS

L’Allier est un département singulier qui se caractérise par un électorat  contrasté : rural et de gauche, autrefois à dominante communiste ; urbain et de droite dans les trois grandes agglomérations que sont Montluçon, Moulins-sur-Allier et Vichy. L’UPR y est apparemment peu connue malgré la présence d’une délégation en plein essor, attelée au labourage du terrain, en particulier dans les petites villes marquées par la ruralité.

En fait, de nombreux Bourbonnais sont informés de l’existence de l’UPR et savent qui est son président mais… « Faut voir », comme on dit avec réserve en Auvergne. Inspiré, l’un d’eux a conçu puis a confectionné des papillons incitant ses concitoyens à consulter le site de l’UPR, partant de l’idée que si ce parti est barré dans les grands médias, c’est vers l’Internet qu’il faudra les orienter. L’UPR ne s’est-elle pas développée grâce à ce formidable outil en passe de détrôner les canaux traditionnels de formation de l’opinion ? L’initiative ayant été approuvée par la délégation de l’Allier, c’est bien volontiers que ces papillons sont reproduits ici.

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Arrêtons-nous un moment sur cette signification du terme papillon, lequel n’est pas un prospectus, ni un dépliant et encore moins un tract. Encore usité jusqu’au début des années 1980, le mot a presque disparu depuis la fin du Labeur et l’omniprésence du numérique dans l’imprimerie. Protes et typographes ont quasi disparu, détrônés par des maquettistes et des utilisateurs de logiciels qui, sauf exception, se sont improvisés typographes, sans en avoir la culture.
Consultons un dictionnaire historique de la langue française, le Robert par exemple, publié sous la direction d’Alain Rey.
On se souvient qu’Alain Rey, pape contemporain de la langue, a débattu, avec François Asselineau ainsi que d’autres dans une émission d’Europe1, au mois de mai 2013, à propos de la loi Fioraso et de la perdition programmée du français. (1)
Ouvrons donc notre dictionnaire et lisons sous l’entrée Papillon :
« Par référence à la forme et la légèreté de l’insecte, le mot désigne un petit morceau de papier (vers 1450, repris en 1836), plus particulièrement la feuille jointe à un livre et, dans l’usage familier récent, un avis de contravention. »

Il s’agit donc d’un un morceau de papier sur lequel un message est imprimé.

Ce détour par le dictionnaire est une manière de redécouvrir cet emploi du terme papillon et, aussi, de regretter qu’il soit sur le point de disparaître car communément remplacé par celui, globish, de « flyer ».

Monsieur Toulemonde, improvisé typographe au motif qu’il utilise un traitement de texte et des logiciels de mise en page, souvent d’origine anglo-saxonne, croit bien faire d’adopter le lexique livré avec ces outils alors que rien ne l’y oblige. Travers déjà épinglé par Molière dans de nombreuses pièces de théâtre, où sont mis en scène des médecins vaniteux et pénétrés d’importance, charlatans parfois, qui jargonnent en latin pour se mettre en valeur devant les malades et impressionner le bon peuple. Au latin jargonneux du XVIIe siècle le globish s’est de nos jours substitué. La conduite, elle, est restée.
Tout comme les hommes politiques de ce temps, les hommes de l’art et les techniciens sont responsables du mal qui est fait puisque le travers s’est généralisé au point d’affecter toutes les branches de l’économie, du secteur de la communication et bien d’autres encore. Si l’on n’y prend garde, le français en sera une langue abâtardie, pour la plus grande satisfaction de l’oligarchie mondialiste.

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Les papillons de notre sympathisant bourbonnais m’ont fourni la matière de ce billet et la digression lexicologique à laquelle j’espère que mes lecteurs réfléchiront, en particulier s’ils sont chargés de concevoir et de produire des documents à large diffusion.

Ahmed Ghlamallah
Délégué de l’UPR pour Allier

(1) https://www.upr.fr/emissions-radio-tv/loi-fioraso-francois-asselineau-est-invite-a-debattre-mardi-21-mai-sur-europe1