LE JOUR RÉVÈLE, LA NUIT CACHE. François Asselineau et Marine Le Pen sur TV Agri : Le jour et la nuit.

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Nous allons ici analyser comment le FN élude systématiquement la condition sine qua non de la libération nationale.

À écouter Marine Le Pen et François Asselineau au Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand, on comprend parfaitement la profonde différence de nature entre les deux mouvements qu’ils incarnent. Vendredi 7 octobre 2016, les deux personnalités politiques se sont succédé sur le plateau de TV Agri.

François Asselineau espérait un débat, cependant Marine Le Pen fuit le débat avec celui-ci comme le voleur fuit la police. Pourquoi ? Tout simplement parce que François Asselineau ne cesse de dire la même chose depuis la création de l’UPR en 2007 et notamment que la France doit sortir de l’UE par l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Alors que, sur ce sujet, le Front national dit tout et son contraire, hormis qu’il faut sortir de l’UE par cet article 50. Je renvoie les incrédules à la vidéo des 21 versions contradictoires du FN sur l’UE. Il en est d’ailleurs apparu entre-temps de nouvelles, tant la SARL Le Pen se montre créative en la matière : https://www.youtube.com/watch ?v=LwvnNJO6RBo.

Examinons donc cette profonde différence de nature entre les deux candidats à l’élection présidentielle.

Voici les deux vidéos, afin que vous puissiez les analyser :
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Adepte de la rhétorique de l’indignation, Marine Le Pen n’a cessé de prendre à partie l’auditoire sur telle ou telle situation jugée inacceptable. La duperie consiste à capter le vote d’électeurs qui seront d’accord avec le constat, alors qu’aucune promesse, aucun programme n’auront été clairement exposés — « ni vu ni connu, je t’embrouille ». Nous pourrions reprendre tout le discours de Marine Le Pen, mais n’en gardons que le « meilleur ».
Marine Le Pen, dans une envolée lyrique, dit ceci (10 min 50 secondes) :
 « Moi, je plaide pour que dans les commandes publiques, et notamment dans les cantines et dans la restauration collective… on s’aperçoit qu’aujourd’hui il y a 85 % du bœuf qui est du bœuf d’importation, est-ce que c’est normal ? Moi, ma réponse est non ! Il n’est pas normal que les impôts des Français ne servent pas à offrir, dans ce qui est payé avec les impôts des Français, des produits français. Donc, commençons déjà par mettre en œuvre cela. C’est vrai que c’est interdit par l’Union européenne, et moi, j’entends beaucoup de responsables politiques venir dire “il faut faire du patriotisme économique”, mais qui refusent de s’opposer à l’Union européenne, qui elle-même l’interdit. Alors, il faut avoir sa logique ; moi, je suis logique. » 
Marine Le Pen vient ici de se livrer à une magnifique mélenchonade. Cela consiste à expliquer que la France va allègrement piétiner le droit européen, et que les 27 autres États membres n’ont qu’à bien se tenir ! Évidemment, il n’en sera rien, et tel ou tel des 27 autres États nous déférera sans tarder devant la Cour de justice de l’Union européenne. La France sera alors tenue d’appliquer à la lettre les traités européens et les commandes publiques devront reprendre sans opérer de distinction sur la provenance de la nourriture destinée aux collectivités. Enfin, la France paiera une amende considérable pour avoir violé les traités européens. Bravo, madame Le Pen ! Il existe cependant une autre solution, dont le Front national se garde de jamais parler véritablement, alors que l’UPR a été fondée pour cela : cette solution, c’est tout simplement de sortir sereinement de l’Union européenne par l’article 50 du TUE.

Marine Le Pen ? Pas si logique que ça, en réalité…

Faisons donc vraiment preuve de logique : Mme Le Pen demande que les commandes publiques privilégient les produits français, ce qui est interdit par l’UE ; elle appelle donc à « s’opposer à l’UE »…
Conséquences ? Nous l’avons dit, une amende exorbitante et de sérieux problèmes diplomatiques avec les autres membres de l’Union européenne, sans compter un retour à la case départ, puisque l’UE, dans son plein droit, nous fera courber l’échine.
Si Marine Le Pen était véritablement logique, voici ce qu’elle dirait : « Tout mon programme nécessite au préalable que la France recouvre sa liberté en sortant de l’UE par l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Je vais donc utiliser l’article 50 dès que je serai au pouvoir. » Pourquoi dit-elle cependant tout sauf cela ? Toute personne douée d’un minimum de jugeote ou de logique comprendra très bien ce que cela signifie : tous les points du programme du FN ne sont que des promesses en l’air. Pourquoi sinon tous ces louvoiements sur la question de la sortie de l’UE ?

Le Front national n’a donc de « national » que le nom, usurpé, car on ne tergiverse pas sur la question de la souveraineté nationale.

La nation, c’est le peuple au pouvoir : comment peut-on finasser alors que notre pays est sous le contrôle d’une oligarchie supranationale ? Quelle inconséquence crasse, quel cynisme de se dire « national », « patriote » et de désigner l’islam comme principale menace, alors que la France est dans les griffes de l’aigle étasunien !
Certains pourraient nous rétorquer que le FN évoque plus souvent le problème européen que celui de l’islam. Oui pour Florian Philippot, mais il ne représente à peu près que lui-même au sein de son parti, et il ne fait que piocher sur le site de l’UPR de quoi préparer ses discours. Et c’est encore la stratégie de l’anguille du FN qui est à l’œuvre : le Front national est une formidable entreprise de séduction, avec un discours à la carte et un très large menu — il y en a pour tout le monde ! Chacun votera pour son menu personnalisé, mais, une fois au pouvoir, le FN nous servira un plat unique à la sauce Tsípras : « Chers Français, il est bien compliqué de dialoguer avec nos partenaires européens, et puis, et puis, et puis… » Cinq années perdues. On connaît bien cette recette démagogique, car l’Europe fourmille de partis similaires au FN : emballage séduisant concernant les questions européennes — enfin, si l’on n’y regarde pas de trop près —, mais rien à l’intérieur.

Assez parlé toutefois du Front national ! Marine Le Pen pose des questions, laissons François Asselineau y répondre.

Mme Le Pen se demande pourquoi la viande française, avec les normes les plus contraignantes, côtoie sur nos étals des produits importés répondant à des normes beaucoup moins strictes ; elle affirme qu’il faut préserver nos productions de la concurrence des produits étrangers qui ne seraient pas soumis aux mêmes règles, elle s’insurge ensuite sur la question de l’ étiquetage, et déclare enfin qu’il faut donner mission à l’État stratège de réfléchir à la restructuration des filières et de revoir les normes.
Laissons répondre François Asselineau (1) :
« Je suis le candidat du Frexit [...], depuis dix ans je dis toujours la même chose, il faut sortir de l’Union européenne, de l’euro, de l’OTAN. »
« Vous savez d’où vient le problème de la situation du porc ? Ça vient des problèmes décidés au niveau géopolitique par la Commission européenne suite à l’affaire de la Crimée [...]. C’est le ministère français de l’Agriculture qui estime qu’on risque d’avoir entre 22 et 25 000 exploitations qui vont disparaître en matière d’élevage. »
« Sortir de l’UE ça ne veut pas dire devenir la Corée du Nord. » 
« On prend la maîtrise de notre commerce extérieur. » 
« Avec le système du TAFTA qui est est en train d’être négocier avec les Américains par la Commission Européenne, on risque d’avoir un nouvel effondrement de notre agriculture. »   
Si on sort de l’Europe, « ce n’est pas demain la veille que les autres peuples d’Europe vont refuser d’acheter des produits agricoles français ». 
« Si j'avais un message d'espoir à donner aux Français : nous sommes là pour redresser la France, nous ne voulons ni de l'Union européenne, ni du Front National. » Comment peut-on ne pas comprend la libération national tourne autour de l’article 50 ?   

Comment peut-on ne pas comprendre que la libération nationale dépend de l’article 50 du traité sur l’Union européenne ?

Pour la simple vidéo que nous présentions : sept thèmes principaux abordés par Marine Le Pen qui nécessitent la sortie de l’UE — son père aurait peut-être ici parlé à juste titre de tartuferie, ce qui ne l’empêchait pas de louvoyer lui-même constamment lorsqu’il s’agissait de l’Union européenne, dont il est un parlementaire depuis plus de trente ans et dont il n’a jamais voulu sortir.
  1. Madame Le Pen, vous voulez des commandes publiques de produits français ? Les traités l’interdisent. Il faut donc d’abord mettre en œuvre l’article 50 pour sortir de l’UE.
  2. Vous voulez revoir les normes de l’agriculture française ? C’est la Commission européenne qui est la principale législatrice en matière de normes qui s’imposent aux États membres, et ces normes sont bien souvent contraires à l’intérêt de la France et de son économie. Il faut donc d’abord mettre en œuvre l’article 50 pour sortir de l’UE.
  3. Vous voulez interdire les importations de produits en deçà des normes françaises ? L’article 63 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne interdit toute restriction aux mouvements de capitaux, de biens et de services. Il faut donc d’abord mettre en œuvre l’article 50 pour sortir de l’UE.
  4. Vous voulez préserver nos productions de la concurrence des produits étrangers, qui ne sont pas soumis aux mêmes normes ? Doit-on le répéter ? Les restrictions aux mouvements de capitaux, de biens et de services sont interdites par l’UE — au fait, madame Le Pen, c’est de là que viennent les délocalisations… Il faut donc d’abord mettre en œuvre l’article 50 pour sortir de l’UE.
  5. Vous réclamez un étiquetage honnête et précis ? L’UE a interdit un étiquetage de cette nature. Il faut donc d’abord mettre en œuvre l’article 50 pour sortir de l’UE.
  6. Vous voulez un État stratège ? Mais la stratégie agricole est fixée par le traité de Lisbonne. Il faut donc d’abord mettre en œuvre l’article 50 pour sortir de l’UE.
  7. Vous voulez, comme l’immense majorité des agriculteurs français, que la France refuse le TAFTA ? C’est la Commission européenne qui négocie tous ces traités supranationaux dans le dos des peuples et dans le secret le plus opaque. Pour en finir avec le TAFTA, CETA etc. Il faut donc d’abord mettre en œuvre l’article 50 pour sortir de l’UE.
« Mais enfin, sortir, quelle solution extrême ! Ce qu’il faudrait plutôt, c’est réformer l’Union européenne ! », nous rétorque-t-on souvent. Et c’est d’ailleurs ce que vous proposez vous-même, madame Le Pen. Pourtant, vous n’êtes pas sans savoir, députée européenne que vous êtes, que l’article 48 du traité sur l’Union européenne impose qu’il y ait l’unanimité des 28 États membres pour changer le moindre article des traités de l’UE. Mais, là aussi, vous noyez le poisson en affirmant comme tant d’autres vouloir une autre Europe : une Europe des nations telle que vous la présentez ? approuvée à l’unanimité des Vingt-Huit ? Comment pouvez-vous abuser à ce point votre électorat ?

La sortie de l’Union européenne par l’article 50 du TUE, ou le b.a.-ba de la libération nationale soigneusement caché par le FN.

Le Front national est en réalité un parti qui pratique la dissimulation : lorsqu’il nous parle de défendre le pays, il cache aux Français la base même de la libération de la France. En 1944, Marine Le Pen aurait parlé de la misère de l’Occupation (soyons généreux…) — mais surtout pas un mot sur le général de Gaulle ou Jean Moulin ! Il ne faut surtout pas que les citoyens aient vent de la Résistance française. Comment ne pas comprendre qu’il y a de la trahison dans l’air ? Voilà qui sent le Tsípras à plein nez !
L’UPR annonce depuis sa création, le 25 mars 2007, qu’elle fera sortir la France de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, puis qu’elle mettra en œuvre à nouveau le programme du Conseil national de la Résistance, remis au goût du jour — ce programme que la prétendue « construction européenne » s’est employée à déconstruire chaque jour.
Le Conseil national de la Résistance pouvait, contrairement au FN, se réclamer de la Nation sans voler ou dévoyer le terme. La Nation n’est pas une question de race ou de religion, c’est l’entité politique, culturelle et linguistique à laquelle adhère un peuple souverain conscient de son unité. La Nation, dans la vision républicaine qui est la nôtre, s’oppose à la fois à la tyrannie et aux ingérences extérieures, que celles-ci proviennent d’autres pays ou de puissances d’argent.
D’ailleurs, comme est en train de le démontrer le Royaume Uni, la seule façon légale et non violente pour un pays membre de l’Union européenne de recouvrer sa souveraineté est de mettre en application l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Pourtant, il est écrit sur le site du FN que Marine Le Pen utilisera l’article 50 pour renégocier les traités européens, c’est désespérant, il va falloir leur expliquer que l’article 50 ne prévoit qu’une chose dont le FN ne veut surtout pas parler, la sortie légale ordonnée et sereine d’un pays de l’Union européenne.
La démocratie et la souveraineté ne peuvent renaître que par l’application de l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Tout le reste n’est que bavardage de vassaux soumis à l’empire euroatlantique.
Mathias Masclet
Délégué UPR pour l’Auvergne.
14 octobre 2016