Communiqué de presse sur la rencontre de l’UPR 63 avec le député MODEM/LERM Michel FANGET.

Présents lors de cette rencontre :

M. Michel FANGET

Stephane HERMAN – attaché parlementaire

présents côté UPR : Sébastien Lacroix, Marc Agenis, Stéphane Dufour (militant), Stanislas (sympathisant et gilet jaune).

M. Fanget est député MODEM de la 4ème circonscription c’est son second mandat, il était précédemment dans la 1ère circonscription. Il est cardiologue de métier. Il est également au conseil municipal de Clermont-Ferrand.

Notre interlocuteur a été calme et à l’écoute pendant la réunion qui a duré 1h30, tout en manifestant son désaccord sur la majorité des points abordés.

Sébastien a d’abord présenté l’équipe puis a pris une dizaine de minutes pour présenter le document de l’UPR et lister les 13 points de violation de la constitution, ainsi que les exemples historiques de destitution de présidents.

Ensuite M. Fanget a pris la parole en disant que le conseil constitutionnel devrait normalement se saisir si jamais nos éléments étaient véridiques (NDLR: je ne crois pas que ce soit dans ses prérogatives…). Il a ajouté que par le passé d’autres présidents ont agi de la même façon (en parlant de nos violations) sans que cela n’émeuve le pays. Il a également ajouté que la plupart des éléments que nous apportions étaient très marqués « à l’extrême droite » et qu’il avait vu passer tout cela sur les réseaux sociaux, et que beaucoup de choses ou la totalité étaient erronées et avaient été démenties. (nous avons alors protesté!). En parlant des violations internationales, M. Fanget n’avait pas conscience que les traités internationaux avaient valeur constitutionnelle.

Le cas de la francophonie a été abordé par M. Fanget pour expliquer que M. Macron la soutenait, via l’exemple de l’action de nos troupes à l’étranger. M. Fanget était d’accord avec le fait que le français était une langue en pleine expansion dans le monde. Mais cela ne posait pas de problème fondamental que notre président s’adresse en anglais lors de ses déplacements.

M. Fanget a admis que les choses n’étaient pas parfaites en France, qu’il y avait une marge d’amélioration mais qu’on était toujours une « démocratie de référence » admirée dans le monde, qui fonctionnait bien. Les gens votent, c’est important et c’est le lien fondamental à la démocratie. Le pays est un de ceux qui redistribuent le plus et ont le meilleur système de santé, il ne fallait pas trop se plaindre mais plutôt regarder autour de nous. Suite à des débats sur la difficulté pour les simples citoyens d’accéder aux fonctions électives, il a évoqué son histoire personnelle et son milieu parental modeste d’ouvrier Michelin, et qu’il avait atteint ce poste au prix de beaucoup d’efforts. Il a critiqué la mode du « french bashing » disant que tout allait mal en France. D’ailleurs le grand débat de M. Macron était plutôt une réussite, et était très suivi. Une discussion s’en est suivie sur les améliorations institutionnelles portées depuis longtemps selon M. Fanget par le Modem, comme une dose de proportionnelle, le vote blanc (non révocatoire), le vote obligatoire, la réduction du nombre de députés, les dates des élections; sujets sur lesquels nous étions en accord partiel, mais cela n’allait pas assez loin pour nous. 

De longues discussions animées ont eu lieu au sujet des manifestations de GJ et des excès de violences, le cas de M. Benalla a été abordé, mais nos interlocuteurs ont botté en touche en évoquant l’indépendance de la justice. Puis des discussions sur l’éthique et le financement (RFM) des députés en général, M. Fanget et son assistant se défendant d’avoir une gestion irréprochable en père de famille de leurs frais et subventions, et qu’il ne fallait pas généraliser des cas marginaux d’abus de certains à tous les députés. La première loi votée sur la transparence de la vie politique était un bon exemple. Nous alors avons cité le cas de la nomination de M. Juppé, un ancien condamné, au conseil constitutionnel pour démentir cette volonté de transparence, M. Fanget a répondu que la justice avait été un peu biaisée à l’époque en faisant tout porter à M. Juppé.

Nous avons tenté de le convaincre qu’il fallait que certains députés de la majorité se lèvent pour dire halte sur de nombreux sujets; et insisté sur le fait que le mépris et l’absence d’écoute auprès de gens déjà dans la misère ne pouvait que conduire à l’extrémisme.

M. Herman a répondu qu’il était difficile pour un député de défendre et communiquer sur son action, à l’époque où les gens disent n’importe quoi sur les réseaux sociaux. Il faudrait plus de pédagogie, c’est un problème important.

M. Herman a insisté sur sa volonté de défendre l’intérêt général de tous les français, et pour cela lui et le député passaient énormément de temps à rencontrer tous les gens qui le demandaient, de tous horizons. Il estime par ailleurs que les gilets jaunes ne sont pas représentatifs de la population (moins représentatifs que les députés).

Un des rares points d’accord a été l’évocation du référendum de 2005 (traité de Lisbonne) dont M. Fanget regrette profondément le non-respect; toutefois il n’a pas souhaité en tirer de conséquences plus larges sur la légitimité de la politique européenne du président. Il attend des élections européennes prochaines qu’elles soient un référendum sur la question européenne. La question du RIC enfin, il pense que ça pourrait être un outil intéressant mais encadré mais bizarre que seuls les extrêmes le proposent. 

Avant de le quitter, le député et son assistant ont promis de lire le document de l’UPR mais nous ont assuré qu’ils ne le signeraient pas parce qu’ils n’étaient a priori pas d’accord avec son contenu.

Marc Agenis