Chômeurs, fainéants ? Ne nous trompons pas de cible

Aujourd’hui la question du chômage en France est cruciale. Elle est un véritable faire-valoir à certaines idéologies politiques qui utilisent l’ignorance afin de manipuler l’opinion publique.

Laissez-moi vous conter ma perception des événements, et vous apporter quelques données en la matière.

Petites définitions : Petit Larousse édition 1995 page 222 :
Chômage :
§1 : cessation contrainte de l’activité professionnelle d’une personne.
§2 : assurance chômage : cotisation versée par les employeurs et les travailleurs salariés à l’organisme qui finance les allocations chômages.
Unedic : Organisme de droit privé, association dirigée à part égale par les représentations d’organisations patronales et syndicales.

Rappel historique :
L’assurance chômage a été instaurée en 1958 sur l’impulsion du Général De Gaulle. Son financement à ce jour s’élève à 6.4% des salaires bruts.

De nos jours, selon l’Unedic, il apparaît que 50% des chômeurs touchent moins de 500 € par mois. Ce pourcentage monte à 74% pour des indemnités de moins de 1000€.

En décembre 2016, toujours selon l’Unedic, sur 6.2 millions de chômeurs (catégorie A, B, C, D, E), seulement 3.6 millions avaient droit à une indemnisation.

A : N’ayant pas du tout travaillé durant le mois précédent
B : Ayant travaillé moins de 78 heures
C : Ayant travaillé plus de 78 heures
D : Stage, formation
E : Contrats aidés

A cela rajoutons 1.4 million, selon les chiffres de l’INSEE pour 2014, de personnes adultes inactives recherchant ou non un emploi : femmes au foyer, jeunes de moins de 25 ans non-inscrits, car non ayant droit, handicapés et tous les laissés pour compte « ne voulant pas travailler » mais pourtant bien réels. On arrive à 8.5 millions de personnes sans emploi et rappelons-le, seulement 3.6 millions ayant droit à une indemnisation.

Pour mémoire la population active en 2017 est de 28.7 millions.
Les chiffres donnent le tournis.

L’autre réalité :
Chaque année, l’Union Européenne transmet ses volontés, dénommées GOPE (Grande Orientation Politique Économique), à tous les états membres, qui sont sommés de les mettre en œuvre.

La feuille de route qui nous oblige nous a été transmise en mai 2016, la dernière le 22 mai 2017.
Je cite : « L’Union Européenne recommande que la France s’attache, au cours de la période 2016/2017 à « Entreprendre une réforme du système d’assurance chômage afin d’en rétablir la viabilité budgétaire et encourager davantage le retour au travail. »

Par encourager, n’entendez pas « donner du courage », mais bien « réduire ou supprimer les allocations chômage », la novlangue européenne doit toujours être retranscrite en Français.

Ceci explique les prochaines lois sur le chômage.
Nos hommes politiques y vont tous de leurs brillantes analyses…

M. Laurent Wauquiez nous informe que les agents de Pôle Emploi conseillent aux chômeurs de rester benoîtement chez eux afin de profiter de la vie.

Ben voyons ! Il ne faut pas oublier que M. Wauquiez n’en est pas à son coup d’essai, il disait ceci alors qu’il était ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en 2011 : « Si jamais, quand vous tombez malade, cela n’a aucun impact sur votre indemnité et votre salaire, ce n’est pas très responsabilisant. »

Absolument ! Il faut responsabiliser tous ces fainéants et ces assistés qui se croient pouvoir vivre dignement parce qu’ils ont un cancer, une polyarthrite et j’en passe…

Après le cancer du RSA, la farniente du chômeur.

Nous pouvons remarquer que M. Wauquiez utilise les mêmes termes que ceux des GOPE : « Cette question de la différence entre le travail et l’assistanat est aujourd’hui l’un des vrais cancers de la société française parce que ça n’encourage pas les gens à reprendre un travail, parce que ça décourage ceux qui travaillent ».

Soucieux du courage des Français, M. Wauquiez leur propose de leur en redonner en supprimant le RSA et en réduisant leur chômage…

Notre puissante industrie prête sa sagesse, M. Gattaz, grand gourou du Medef, souhaite instaurer un contrôle JOURNALIER des chômeurs !

Souvenez-vous, M. Gattaz, l’homme à l’épinglette « un million d’emplois », nous promettait des embauches massives grâce au CICE (20 milliards d’euros par an redistribués aux entreprises).

Nous les attendons encore… les emplois, pas l’argent.

« Le changement c’est maintenant » nous serinait l’ancien locataire de l’Élisée, son successeur vient parfaire le travail. Lui aussi semble vouloir redonner du courage aux « fainéants ».

Nous sommes aux portes d’une transformation massive du chômage, de son financement et de ses indemnisations gérés par l’état, payés par l’impôt.

Peut-on craindre alors une allocation chômage universelle quel que soit votre ancien salaire (500 €, 800 € ?!), ou une allocation dégressive en fonction du temps passé sans emploi ?

Ne nous trompons pas de cible.

Éric Lafont
Adhérent UPR en Haute-Loire, suppléant de Françoise Sarret aux élections législatives pour la première circonscription de Haute-Loire.

 

* La photo est une image rognée qui provient du figaro afin de montrer l’image trop souvent intentionnellement colportée des gens qui n’ont pas de travail.